Rencontre avec un pêcheur d’anguilles

, par Enseignant 2

Monsieur Baudin n’est pas un pêcheur professionnel mais il possède un lot de pêche : il loue une portion de rivière dans laquelle il a le droit de pêcher avec des nasses qui sont identifiées par une petite plaque numérotée (il ne peut pas mettre plus de trois engins dans l’eau en même temps).

La réglementation de la pêche à l’anguille.
Elle est autorisée du 1er avril au 31 août pour les anguilles jaunes seulement car la capture des anguilles argentées ou anguilles d’avalaison est interdite toute l’année, ces animaux étant prêts pour la reproduction.
Il faut avoir une carte de pêche et un carnet de capture pour noter les caractéristiques des individus pêchés.
La civelle peut-être pêchée dans la baie de l’Aiguillon mais seulement par des pêcheurs professionnels et avec des quotas à respecter(2O tonnes environ par an).

La pêche
Il est important lorsqu’on pêche de respecter la nature car on peut déranger des animaux. Quand on a trouvé son coin de pêche, il faut lire la rivière, la comprendre et regarder les endroits naturels, les endroits clairs ou non, les endroits profonds, les cachettes naturelles dans l’eau, le courant, pour essayer de repérer où il faut mettre la ligne.

Les différentes techniques de pêche :
- la nasse : il faut la mettre l’ouverture dans le sens inverse du courant,

- la canne avec une ligne et un hameçon

- la cordelle : c’est une corde avec plusieurs hameçons avec des vers fixés tout le long. On accroche la cordelle à un arbre et on la remonte le lendemain.

- la vermée : c’est la pêche traditionnelle du marais. Il faut enfiler des vers de terre et fabriquer une sorte de pelote que l’on fixe à une canne. On met la pelote dans l’eau et on attend que l’anguille morde. Quand on a une touche, comme il n’y a pas d’hameçons, il faut remonter très doucement la pelote dans un parapluie. Après on essaie d’attraper l’anguille.

Il a enfilé les vers devant nous puis il a fabriqué la pelote en enroulant le fil sur sa main et il a accroché le tout sur une canne en bambou avec un gros plomb.

Après, on a mis la vermée à l’eau et M. Baudin nous a montré comment on récupérait l’anguille avec un parapluie.

- la bosselle/ la bourgne : c’est un piège en osier comme une nasse.
On fixe des vers dans une bosselle que l’on accroche à un arbre avec un fil et on la jette au fond de l’eau le soir. Les anguilles entrent dans la bosselle et y sont prises au piège. Il suffit de remonter le piège le lendemain et de récupérer la pêche.

- La fourche et le fagot : Ces techniques de pêche ne sont plus pratiquées aujourd’hui car elles sont barbares et interdites car on pêche à l’aveuglette et on peut blesser toutes les bêtes qui se trouvent dans l’eau.

Il nous a raconté qu’avant, dans le marais, les anguilles servaient d’aliments de base et qu’elles remplaçaient la viande. C’était le plat du pauvre : le soir, après l’école, on allait relever les nasses et au repas, on mangeait une fricassée d’anguilles ou une bouilliture.
A cette époque les anguilles étaient abondantes dans le marais.
On se servait de leur peau qui était très résistante pour faire des lacets de chaussures et pour fabriquer des fléaux qui servaient à battre le blé.
A la Maison des Marais à Coulon, on a même appris qu’il y avait un marché aux poissons et à l’anguille à Marans.

Aujourd’hui l’anguille est plus rare, elle est consommée peu souvent et c’est un plat recherché. Elle est au menu des restaurants typiques du marais poitevin.